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C'est la saison des procurations et tous les regards sont tournés vers le reporting ESG

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12 min read
Published: 19 May 2021
Last Updated: 22 March 2022

Les questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) sont de plus en plus présentes lors des assemblées annuelles des actionnaires, avec des questions à l'intention des PDG et des entreprises.
  
À l'approche de la saison des votes par procuration, la Directrice principale ESG, de Workiva, Mandi McReynolds, discute avec Marty Vanderploeg de Workiva pour avoir le point de vue d'un PDG, ainsi qu'avec la Directrice principale du secteur des services financiers, Arthy Kumar, pour savoir ce que les investisseurs individuels peuvent rechercher dans le reporting d'une entreprise en matière de durabilité. Regarder la vidéo :

 

Mandi : Bonjour à tous. Je m'appelle Mandi McReynolds. Je suis la Directrice en charge des questions d'ESG chez Workiva. Nous sommes en pleine période des assemblées générales d'actionnaires, et des articles ont été largement diffusés sur les PDG qui défendent leurs politiques et pratiques sociales et environnementales au sein de leurs entreprises, des actionnaires qui votent sur ces politiques et pratiques, ainsi que des discussions sur les complexités de la situation.  

Je voulais vraiment faire appel à Arthy, qui a une certaine expertise en matière de gestion d'actifs et de planification financière, et à notre PDG, Marty, qui peut vraiment nous aider à expliquer comment nous simplifions ce processus pour vous tous. Ensemble, nous allons donc nous pencher un peu sur le sujet de l'assemblée annuelle des actionnaires et sur la manière dont nous pouvons aider nos jeunes investisseurs et dirigeants à vivre leur propre expérience, tout comme nous le faisons ici à Workiva. Donc, Marty, je vais maintenant vous laisser la parole. Donc je vois tous ces titres. Nous avons ces titres qui passent dans notre entreprise, des gens qui partagent des articles. Et alors, j'ai pu entendre le point de vue de Marty à ce sujet. Nous avons donc des multinationales, des entreprises de grande taille, qui disent que c'est trop complexe. Je dois trouver un moyen de simplifier, et chaque entreprise peut le configurer par elle-même. Quelles sont vos réflexions au moment où ces multinationales s'emparent du thème de l'ESG et où actionnaires leur posent des questions à ce sujet ? 

Marty : Eh bien, je pense que pour commencer l'ESG doit vraiment être un état d'esprit des dirigeants qui vont gérer leur entreprise à l'aide de ces indicateurs. Ce n'est pas seulement quelque chose que vous divulguez à la fin de l'année à l'attention des actionnaires. Il a été prouvé que le fait de rendre votre bâtiment plus respectueux de l'environnement est également avantageux sur le plan financier. Essayer d'être diversifié et équitable et d'assurer l'inclusion permet également d'augmenter le résultat net. Les dirigeants doivent donc accepter le fait que gérer une entreprise en tenant compte de tous ces différents paramètres est en réalité plus bénéfique pour l'actionnaire à long terme.

Et je pense qu'une fois que cela s'est produit, la deuxième chose que nous essayons de faire chez Workiva consiste en fait à déterminer quelles sont ces choses — et chaque entreprise est différente, évidemment. Toutes les entreprises, en dehors des aspects financiers, qui sont pour tout le monde quelque peu similaires, mais en dehors de cela, les indicateurs sont très différents en fonction de chaque secteur. Et plus important encore, les changements dans chaque secteur. Réalisez donc les améliorations qui sont les plus faciles à mettre en œuvre, et élaborez à petits pas votre philosophie de gestion ESG. Et ensuite, le rapport en découlera. Et, bien sûr, il y a beaucoup de personnes en ce moment (consultants, fournisseurs de technologies) qui vont tous contribuer à ce processus. Alors n'y travaillez pas seuls non plus. C'est l'autre conseil que je donnerais.  

Mandi : J'adore l'idée de ne pas avancer seul(e) et de réfléchir profondément à qui sont vos parties prenantes. Alors que nous entamons notre propre parcours chez Workiva, nous essayons vraiment de déterminer qui est la partie prenante prioritaire. Le point de vue de quelle personne allons-nous écouter le plus ? Et lorsque nous écoutons certains des échanges lors des assemblées annuelles des actionnaires, le débat est posé. En tant que PDG, je peux donner la priorité à mon client. Ou je peux donner la priorité à mes employés, ou encore à mon actionnaire. Comment cela va-t-il se produire pour différents PDG ? Alors, qu'en pensez-vous ? Les entreprises doivent-elles tenir compte de leurs parties prenantes ? Doivent-elles leur donner un ordre de priorité ? Quel est votre point de vue à ce sujet en qualité de PDG ?  

Marty : L'une de mes citations préférées depuis que je fais ce travail est que le PDG a plus de personnes dont il est le subalterne que quiconque. Comme vous l'avez dit, nous avons tous les employés, tous les clients, tous les actionnaires. Cela représente beaucoup de personnes auxquelles répondre. Et je pense que si vous avez des employés et des clients heureux, le reste suivra. Pour ma part, je pense que vous devez vraiment miser sur vos employés pour réussir à long terme. Vous devez miser sur les employés et les clients. Et c'est ce qui crée une entreprise solide.

Évidemment, il faut écouter les actionnaires, mais ce qu'ils souhaitent en général est assez clair. Bien évidemment, tout ceci est en train de changer. Mais je pense que lorsque tout le monde se ralliera après avoir pris conscience que le capitalisme des parties prenantes est en réalité le meilleur des deux mondes. Non seulement vous obtenez une meilleure performance financière d'entreprise en prenant ces mesures, mais en plus vous devenez un bien meilleur citoyen du monde à long terme. Toutes nos organisations (qu'il s'agisse d'entreprises ou de gouvernements) doivent commencer à intervenir et à être de bons citoyens du monde pour le bien de la communauté internationale dans son ensemble.  

Mandi : Arthy, que pensez-vous de certains des commentaires de Marty ? Nous travaillons avec de jeunes investisseurs, et vous, vous travaillez avec des planificateurs financiers. Nous en parlions l'autre jour, et nous nous demandions comment aider cette nouvelle génération de cadres intermédiaires à comprendre la complexité de la situation, et quelles sont les astuces ? Que diriez-vous à ce groupe ?  

Arthy : Oui. Donc, je note la dynamique et le chiffre record — ce que je veux dire, c'est qu'environ 51 milliards de dollars ont été investis dans des fonds durables. Ce chiffre a en réalité doublé en 2020, par rapport à 2019. Et parfois, lorsque j'ai cette discussion, je dis que ce sont les jeunes investisseurs, mais aussi des gens qui disent : « Oh, je vais me concentrer sur un régime à base de plantes », et ensuite ils prennent le train en marche. Et c'est vraiment le genre d'intérêt que nous observons pour l'investissement ESG. Mais l'essentiel pour les investisseurs consiste en réalité à réfléchir à leurs objectifs et à voir si cela correspond à leurs valeurs. Et je pense que c'est vraiment la clé que tout investisseur, quel que soit son âge, doit avoir à l'esprit. Et les investisseurs doivent vraiment chercher à diversifier leur portefeuille et voir si ce qu'ils envisagent s'aligne à la fois sur leur philosophie d'investissement et sur ce qu'ils cherchent à accomplir, mais aussi sur les valeurs qu'ils recherchent.

L'une des choses que j'ai toujours recommandées aux investisseurs de tous âges, mais surtout aux plus jeunes, qui se jettent sur tout ce qui est très tendance et qui les passionnent, consiste en réalité à faire des recherches. Regardez le prospectus d'un fonds, regardez quel est l'objectif du fonds, quelle est sa stratégie, dans quelles entreprises investit-il ? Et déterminez si ces entreprises correspondent à vos valeurs. Il faut garder à l'esprit que le reporting et les informations sont différents ce qui est disponible ailleurs. Les investisseurs doivent vraiment faire des recherches supplémentaires avant de décider que c'est le bon investissement pour eux.  

Mandi : J'aime que vous parliez des consommateurs qui prennent position, qui sont formés et qui font un travail approfondi. Marty, ce n'est pas différent de la façon dont les entreprises abordent, voire de la façon dont nous abordons notre propre parcours en matière d'ESG chez Workiva. Il y a un moment où un PDG doit prendre position et dire réellement : « je suis pour » ou « je suis contre » afin que les employés y adhèrent ou que les futurs clients sachent si vos valeurs en tant qu'entreprise correspondent aux leurs. Quelles idées vous faites-vous du reporting ESG et comment peut-il aider les PDG à prendre des positions et à chercher des données pour les étayer ?  

Marty : Eh bien, je pense qu'il va devenir assez clair que les jeunes générations vont l'exiger. S'agissant des PDG qui ne s'impliquent pas dans le projet, leurs entreprises ne seront pas aussi performantes. Je veux dire par là que cela peut aller jusqu'au boycott des consommateurs. On peut en arriver là. Ce que je veux vraiment souligner à nouveau, c'est qu'il a été démontré à maintes reprises que ces différentes techniques pour être un meilleur citoyen du monde, que ce soit dans le domaine de l'environnement, de la diversité et de l'inclusion ou de la bonne gouvernance d'entreprise, conduisent toutes à de meilleurs résultats. Si les PDG n'y croient pas, alors je pense qu'ils seront des PDG obsolètes, pour être honnête.

Je pense donc que vous devez vraiment comprendre cela, l'étudier et y adhérer, parce que c'est vrai. Ensuite, en ce qui concerne le parcours — j'aime ce terme, parce que l'ESG est un parcours — je ne pense pas encore que quelqu'un soit allé jusqu'au bout, sur les plans de l'évaluation et de la gestion. Le reporting est un premier pas dans la bonne direction, car il vous donne au moins un point de référence pour savoir où vous en êtes. Et ce sont les choses que nous allons voir arriver assez rapidement dans le domaine du reporting. Je pense donc que les PDG doivent prendre position. Je pense qu'ils doivent rendre compte de la façon dont leurs entreprises se comportent et de la façon dont elles sont, comme je le dis toujours, de bonnes entreprises citoyennes. Je pense donc que ce sera indispensable à l'avenir. Je pense que non seulement les employés, mais aussi les clients réels, les consommateurs, si vous vendez aux consommateurs, vont réagir.  

Mandi : Arthy, que pensez-vous de cette notion de préférer le progrès à la perfection ? Je me souviens d'avoir fait partie d'une équipe de gestion des investissements dans mon entreprise précédente et d'avoir parlé de certains de ces problèmes complexes. Vous voyez, il est parfois préférable de rester impliqué, de rencontrer les entreprises là où elles se trouvent et de les suivre dans leur cheminement vers la perfection et d'adopter, comme l'a dit Marty, la référence et l'authenticité. Que pensez-vous de votre côté de la manière dont nous aidons les gens à comprendre que c'est un parcours et qu'ils n'y arriveront pas du jour au lendemain ?  

Arthy : Oui, tout à fait. L'essentiel, quand les conversations atteignent ce niveau d'intérêt, c'est que nous n'en sommes qu'aux débuts. Ainsi, même si l'investissement ESG est dans l'esprit de tout le monde en ce moment, nous sommes encore à un stade très, très précoce. Ce sera tout un parcours. Ce sera une évolution avec des améliorations, et nous nous intéresserons de près aux entreprises, même en examinant différents aspects de la façon d'intégrer cela dans leur culture. Lorsqu'un investisseur s'y intéresse, ou que les entreprises travaillent sur la manière dont elles vont développer cela, on voit aue les problèmes sont vraiment variables. Et tous les enjeux n'ont pas la même importance, car un gestionnaire de portefeuilles choisit les entreprises dans lesquelles investir, ou un fonds investit dans une entreprise, ou alors l'investisseur réel investit dans un fonds. Tous les secteurs sont concernés.

Je vois comment la technologie, par exemple, a ses propres valeurs qui la distinguent et qu'ils vont intégrer pour être en conformité, et aussi simplement pour intégrer ces valeurs. La pertinence des questions ESG varie d'un secteur à l'autre et d'une entreprise à l'autre. Par exemple, l'efficacité énergétique a un impact important sur l'empreinte carbone. Mais en résumé, cela compte plus pour une compagnie aérienne que pour une banque d'investissement. Ainsi, de la même manière que les investisseurs s'y intéressent, les entreprises s'y intéressent également, et une chose à garder à l'esprit est qu'un portefeuille ESG que vous choisissez n'a pas besoin d'être lié à une seule idée. Au lieu de cela, l'investissement ESG est une sorte de nouvelle façon de penser qui va continuer à évoluer et il faut vraiment lui donner du temps, tant que la création de valeur est là, pour voir comment elle est intégrée au fil du temps.  

Mandi : Vous avez compris. J'aime la façon dont vous avez parlé de la technologie, de la manière dont elle aidera les investisseurs à réfléchir à leurs valeurs et à l'avenir de leur prise de décisions. Complétons ce débat avec ce genre de conversation pour nous deux. Marty, je vais commencer par vous. Selon vous, en tant que PDG et membre du conseil d'administration, que fera la technologie pour l'ESG ?  

Marty : Eh bien, je pense que la seule façon de gérer une entreprise est d'obtenir des informations en temps opportun. Si nous voulons essayer de gérer des entreprises avec d'autres indicateurs que les indicateurs financiers, nous devons moderniser ces flux et chaînes de reporting comme nous le faisons pour les aspects financiers. Aujourd'hui, tout le reporting financier est au cœur d'une révolution numérique. Tout le monde repense l'architecture de ses systèmes de reporting. La même chose va se produire avec l'ESG si l'on veut obtenir ce type de données assez rapidement pour prendre des décisions judicieuses et éclairées sur la façon de gérer l'entreprise. Je pense donc que la technologie jouera un grand rôle dans ce domaine. Honnêtement, je ne pense pas vraiment que ce serait possible sans technologie. Nous devons rendre la collecte de données aussi automatisée que possible, en réduisant au minimum l'intervetion du jugement humain. Ce sera étroitement liée à la capacité des vastes systèmes numériques à créer des informations permettant aux dirigeants de prendre des décisions.  

Mandi : Arthy, qu'en pensez-vous ? Comment la technologie va-t-elle révolutionner le visage de l'ESG pour nos futurs investisseurs et votre monde ? 

Arthy: Marty voit très juste, n'est-ce pas ? Tout le monde va chercher des informations, et des informations disponibles au bon moment. On en revient donc à la capacité à rendre compte et à auditer en s'appuyant sur les données. Cela va être essentiel, c'est pourquoi la technologie joue un rôle considérable dans la capacité d'une entreprise à faire ce travail et pour que les investisseurs puissent obtenir ces informations. Et aussi pour rester au niveau dans les comparaisons qu'établissent les investisseurs entre différentes entreprises. Est-ce que tout cela répond à des normes identiques qui leur permettent de réellement examiner et de voir si les résultats, pour ainsi dire, sont toujours favorables ? Mais comment les concurrents établissent-ils leurs rapports, et ceux-ci sont-ils comparables et équivalents ? Mais tout repose sur des données précises en temps opportun, à l'auditabilité et à la possibilité de les avoir à portée de main pour que quelqu'un puisse prendre une décision.

Mandi : Je suis entièrement d'accord. Et l'une des questions que je me pose de mon côté est celle de la fiabilité des données, puis comment l'on se montre de façon authentique. Le pire pour un professionnel des questions environnementales, sociales et de gouvernance, c'est l'écoblanchiment ou le « purpose washing ». Et nous voulons que cela soit facile et harmonieux, afin de pouvoir élaborer une stratégie pour l'entreprise, et, au final, à mesure que Marty nous ouvre la voie, d'ajouter de la valeur commerciale à notre résultat net. La seule façon pour moi de le faire est de m'assurer que la technologie me permet d'avancer aussi rapidement que le conseil d'administration, car notre direction, nos employés, nos investisseurs et nos consommateurs sont exigeants. J'attends donc avec impatience le jour où ce processus sera simplifié, et le jour où la stratégie pourra être accélérée. 

Merci beaucoup. C'est la saison idéale pour assister ensemble aux assemblées annuelles des actionnaires. J'aime votre point de vue, Marty, en tant que PDG. Arthy, merci beaucoup pour votre sagesse, en ce qui concerne la gestion d'actifs et les investisseurs, et pour m'avoir permis de m'imprégner de tout cela en tant que professionnel de l'ESG. Merci beaucoup à vous, et nous attendons avec impatience le prochain débat que nous aurons sur un sujet ESG.

 

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